Chateau des Avenieres - 74350 Cruseilles
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HISTOIRE EXTRAORDINAIRE

Bâti au début du XXe siècle par une américaine fortunée, aménagé par un Hindou initié, le Château des Avenières a toujours suscité la plus vive curiosité. Aujourd’hui hôtel de charme et de caractère, il accueille le visiteur en quête de calme et de plaisirs raffinés, tout comme l’amateur d’émotions rares et de mystères.


A l’origine, modestes clairières vouées à la culture de l’avoine, les Avenières sont brusquement sorties de l’anonymat un bel après-midi de l’été 1904. Ce jour-là, une jeune américaine mélancolique visite en compagnie de quelques amies les flancs du Salève lorsqu’elle est soudain saisie par l’exceptionnelle beauté du panorama. Instantanément, sa décision est prise. Elle fera bâtir là le sanctuaire qu’elle rêve de dédier à sa sœur cadette trop tôt décédée…

Mary Wallace Schillito est née en 1876, à Cincinnati, Ohio.

Son père, puissant homme d’affaires, a fait fortune dans les chemins de fer. Dès l’enfance, Mary nourrit la plus vive admiration pour sa sœur Violette, belle jeune fille à la sensibilité exacerbée.

Adolescentes, les deux sœurs plongent avec délices dans un Paris en proie à l’orientalisme. Sciences occultes, poésie saphique, culture, musique… Elles poursuivent « La Grande Vie intérieure », jusqu’à ce qu’en 1901, à Cannes, une fièvre typhoïde emporte Violette. Inconsolable, Mary voyage en quête d’apaisement et d’un lieu pour célébrer cette sœur trop aimée.

1905 : le terrain est acheté.

1907 : les travaux sont lancés. Travaux colossaux. Pas de route, à peine un chemin. Les lourdes pierres de Bourgogne sont charroyées, une à une.

A Paris, hantant les antiquaires, Mary rassemble pour son château un fabuleux trésor : retables d’autels, sculptures polychromes des XVe et XVIe siècles… Elle fréquente un cercle étrange de vrais savants et de mages sulfureux, d’archéologues brillants et d’experts douteux. Parmi toutes ces personnalités, une figure progressivement émerge. Un petit homme rond au regard vif et aux traits asiatiques : Assan Faride Dina.

Né de père hindou et de mère française, Dina a déjà connu une vie d’aventure lorsqu’il épouse, à 42 ans, Mary Wallace Schillito.

Astronome émérite, préoccupé d’assyriologie, ingénieur inspiré, il a parcouru le monde… Créativité bouillonnante, débordante, il se consacre désormais à l’aménagement du Château.

Les abords sont façonnés en gigantesques ailes de papillons, égayés de Sphynx et de figures mythologiques, de grottes et de bassins souterrains reprenant le symbole mercurien…


Mais le Grand Œuvre de Dina reste et restera cette Chapelle dans laquelle il tente l’impossible synthèse du savoir universel. Tarots égyptiens, kabbale, signes du zodiaque…

En une vaste mosaïque ponctuée d’or, toutes les divinités sont convoquées, toutes les religions rassemblées.

En 1917 enfin, alors que l’Occident finit de se déchirer, Dina signe son œuvre d’une formule lapidaire « L’Univers est un œuf, l’œuf est un univers ».

Il mourra, dans des conditions obscures, lors d’une ultime croisière en mer Rouge.

Mary Wallace Schillito épousa Ernest Britt ( pianiste ) en 1930 à Paris. Au cours des 5 années qui suivirent son union avec Mary Schillito, Ernest Britt dilapida petit à petit la fortune de son épouse.

Le domaine des Avenières se vendit à Monsieur Guillermin, Conseiller Général de la Savoie, le 20 Janvier 1936.
Six mois plus tard, il organisait une vente aux enchères du mobilier et des oeuvres d’art.

Mary Schillito décéda le 22 septembre 1938, à la suite d’un accident, un an après son divorce d’avec Ernest Britt.

Monsieur Guillermin vendit la propriété à une société civile immobilière, société nouvellement constituée et présidée par le comte François Maurice Roussy de Sales.

De 1939 à 1941, une nouvelle société était créée et accueillait des familles plus ou moins riches dans son centre de repos.

En 1942, le domaine était loué à un organisme dépendant de la croix rouge Suisse : « Le secours Suisse aux enfants victimes de la guerre ».

En 1949, la société civile immobilière louait la propriété aux Oratoriens du collège de Juilly, qui allaient faire de la demeure un établissement scolaire de premier ordre. Le collège de Juilly rachète le domaine et l’administre jusqu’en 1970.

Nouveau propriétaire en 1970, Monsieur Duvernay revend les Avenières en 1981 à Monsieur Hausermann qui en entreprend la restauration, mais ne peut finalement conduire à son terme le plan d’urbanisation ambitieux et controversé qu’il avait projeté.

Aujourd’hui propriété de la SC Domaine des Avenières, le Château est exploité comme hôtel restaurant depuis septembre 1994.